Serions-nous capables des mêmes atrocités ?

En tant que chrétien je ne peux rester indifférent face aux afflictions que vit cette petite église locale de Sutherland Springs au Texas.
Vous savez, si je recule de quelques années en arrière alors que je n’exerçais pas le service de pasteur et de conseiller biblique dans l’église j’aurais eu peu de soucis pour ce que vit cette petite communauté.

Pourquoi est-ce que cette situation m’attriste aujourd’hui ?

Premièrement parce que je comprends de plus en plus ce que devrait être l’amour entre frères et sœurs et parce que je comprends de mieux en mieux la souffrance humaine.

Vous savez j’ai longtemps cru à tort que la vie chrétienne était seulement entre moi et Dieu. On mise beaucoup dans notre milieu évangélique sur le fait que le christianisme n’est pas une religion, mais une relation avec Dieu et on finit par croire que le christianisme implique plus ou moins que ma relation avec Dieu seulement.

Soyez assurés que j’y crois à la relation personnelle avec Dieu ! La chose primordiale pour un chrétien est sa relation personnelle avec Dieu, mais est-ce tout ?

Je crois, avec une conviction biblique, que la vie chrétienne est aussi une vie en communauté. Dieu nous appelle à vivre en relation avec lui et vivre en relation les uns avec les autres. Ce n’est pas pour rien que nous retrouvons à tant d’endroits différents dans le Nouveau Testament la prescription : » Les uns les autres « .

Pourquoi est-ce que cette situation m’attriste aujourd’hui ?

Parce que comme pasteur, je vois que la Bible nous enseigne que dans la vraie vie chrétienne nous devons :
» Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. « – Galates 6.2

» Personne n’a jamais vu Dieu; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. » – 1 Jean 4.12
Dieu nous appelle à porter les fardeaux et à avoir un amour pour les chrétiens de Kiribati en Océanie autant que ceux aux États-Unis que ceux de notre propre pays.

Je crois que cette prescription s’adresse particulièrement à l’église locale et à ses membres, mais je crois qu’elle s’applique également aux membres de l’Église universelle qui font également partie du Corps (1 Corinthiens 12).

Pourquoi est-ce que cette situation m’attriste aujourd’hui ?

Deuxièmement et dernièrement, nous sommes rapides à être juges des gens qui commettent des actions qui nous dérangent.

Vous pourriez dire à ce point-ci: » J’espère que ça me dérange, cet homme, cet ancien militaire, a tué 26 personnes incluant des enfants ! «
Je vous mentirais si je vous disais que ça ne me dérange pas ! Je vous mentirais si je ne vous disais pas que je suis profondément troublé par le comportement et les actions de cet homme ! Je vous mentirais si je ne vous disais pas que je n’ai pas eu de haine envers cet homme !
Mais une pensée m’est venue en tête aujourd’hui en discutant de cette situation avec un frère:

Serions-nous capables des mêmes atrocités ?

Tout de suite on a le réflexe de tomber sur la défensive en se disant: » Certainement pas ! »

Je crois que notre réflexe devrait plutôt être : » Merci Seigneur que je ne vive pas avec la même écharde dans la chair, que cet homme ! «

Nous les êtres humains sommes à la base complètement perdus dans nos péchés (Romains 3.23) et ce n’est pas moi qui le dis, c’est la Bible !

Comme interne en tant que conseiller biblique, je réalise de plus en plus que nous les humains vivons avec des échardes dans notre chair : des tentations sexuelles, l’alcoolisme, les drogues, l’attirance vers le même sexe, l’attirance vers les enfants, comportement violent, comportement colérique, la haine, le désir de vengeance, etc …

À la base, nous avons tous un ou des combats et devrions dire: “Merci Seigneur de ne pas m’avoir donné le combat de mon voisin parce que je ne sais pas comment j’aurais pu le supporter.”

Au lieu d’être portés vers le jugement envers cet homme qui a commis des actes violents et inexcusables (humainement parlant) prenons la voie difficile et prions pour ceux qui vivent avec cette même écharde de violence et de haine afin que Dieu puisse venir les rencontrer et transformer leurs cœurs avant qu’il ne soit trop tard (Matthieu 5.44) .

À vous qui êtes chrétiens, rappelez-vous d’où nous venons, rappelez-vous de la grâce qui vous a été faite et rappelez-vous que vous êtes délivrés de l’emprise du péché, mais non de sa présence et de ses tentations.

À vous qui n’êtes pas chrétiens, soyez assurés que je n’excuse aucunement le comportement de l’homme et ses actions et je ne cherche en aucun cas à amoindrir la situation que le Texas vit.

Mon but par ce mot est de simplement nous rappeler que nous pouvons juger de la situation injuste, mais que nous devons laisser le cœur de cet homme à Dieu ( même s’il est mort ) (Romains 12.19).

Michael Caron, pasteur